Aller au contenu principal
SIRA

Lexique

AES — Alliance des États du Sahel

2 min de lecture

Terme
AES
Pluriel
AES
Langue d'origine
Français
Traductions
Alliance of Sahel States (ASS) — EN, Confédération des États du Sahel — désignation post-juillet 2024
Domaine
politique
Définition
Confédération regroupant Mali, Burkina Faso et Niger, fondée le 16 septembre 2023 comme pacte de défense mutuelle, transformée en confédération le 6 juillet 2024.

Définition

L’Alliance des États du Sahel (AES) est une organisation politique et militaire regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Elle est fondée le 16 septembre 2023 à Bamako par la signature de la Charte du Liptako-Gourma, signée par les trois chefs d’État de transition : le colonel Assimi Goïta (Mali), le capitaine Ibrahim Traoré (Burkina Faso) et le général Abdourahamane Tiani (Niger). Le 6 juillet 2024, lors du premier sommet des chefs d’État à Niamey, l’AES est transformée en Confédération des États du Sahel.

Contexte de création

L’AES naît dans un contexte de crise régionale aiguë. Le coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger provoque une menace d’intervention militaire de la CEDEAO pour restaurer le président Mohamed Bazoum. Le Mali et le Burkina Faso, eux-mêmes sous régimes de transition militaire depuis respectivement 2020-2021 et 2022, promettent une aide militaire au Niger en cas d’intervention. Cette solidarité inter-juntes se formalise en pacte de défense collective : toute atteinte à la souveraineté ou à l’intégrité territoriale d’un membre est considérée comme une agression contre les trois.

Architecture institutionnelle

La Charte du Liptako-Gourma établit une architecture de défense collective et d’assistance mutuelle. Les États membres s’engagent à lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée dans leur espace commun. L’AES-Confédération développe progressivement des organes communs : une Force conjointe de 5 000 hommes annoncée en janvier 2025, une Banque d’investissement, une chaîne d’information commune, un passeport biométrique partagé mis en circulation le 29 janvier 2025, et un projet de monnaie commune.

Rupture avec la CEDEAO

Le 28 janvier 2024, les trois États annoncent conjointement leur retrait immédiat de la CEDEAO. La CEDEAO adopte en décembre 2024 une période de transition de six mois (29 janvier – 29 juillet 2025) pour tenter une médiation. Les trois États rejettent ce délai et maintiennent leur sortie.

Note analytique SIRA

L’AES est à la fois un instrument de survie politique pour trois régimes militaires contestés et un projet d’intégration régionale dont l’ambition dépasse la conjoncture. SIRA distingue ces deux dimensions sans les confondre : la légitimité du projet souverainiste n’invalide pas les questions sur la gouvernance des autorités qui le portent, et réciproquement, les déficits démocratiques de ces autorités n’invalident pas la pertinence structurelle d’une intégration sahélienne. L’analyse des trajectoires de l’AES fait l’objet de contenus dédiés dans le silo AES.

Sources

  1. Charte du Liptako-Gourma — texte intégral, 16 septembre 2023 Officiel consulté le 2026-06-26
  2. Alliance des États du Sahel — Wikipédia Presse consulté le 2026-06-26
  3. Un an après sa création, une Alliance des États du Sahel qui se cherche — IFRI Officiel consulté le 2026-06-26
Par Bakary Diané — Analyste géopolitique — Fondateur Publié le 26 juin 2026 · Mis à jour le 27 juin 2026