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SIRA

Méthodologie

Notre cadre analytique, notre hiérarchie des sources et nos principes éditoriaux.

Notre cadre analytique

SIRA produit de l'analyse géopolitique, pas du journalisme d'information. La distinction est importante : nous ne couvrons pas l'actualité en temps réel, nous l'analysons avec du recul, des sources primaires et des cadres d'interprétation explicites.

Chaque article de SIRA répond à trois questions avant d'être publié :

  1. Quels faits sont établis ? — vérifiés sur sources primaires, datés, attribuables.
  2. Quelles tendances sont documentées ? — convergence de plusieurs sources indépendantes sur une dynamique observable.
  3. Quelle est la part d'hypothèse analytique ? — signalée explicitement, distinguée des faits.

Hiérarchie des sources

Nous appliquons une hiérarchie de confiance stricte :

  • Niveau 1 — Primaire officielle : Documents d'État, journaux officiels, bilans officiels (Journal Officiel du Mali, bilans ORTM, communiqués FAMa)
  • Niveau 2 — Primaire terrain : Rapports d'experts ONU, données de collecte directe (Panels d'experts ONU, données ACLED géolocalisées)
  • Niveau 3 — Institutionnelle : Agences spécialisées reconnues (OCHA, HCR, UNODC, Banque mondiale)
  • Niveau 4 — Presse régionale : Médias sahéliens avec ligne éditoriale identifiée (Studio Tamani, Maliweb, RFI Afrique)
  • Niveau 5 — Presse internationale : Médias à réputation établie (Le Monde, Reuters, AP)

Les sources de niveau 4 et 5 ne sont jamais utilisées seules pour établir un fait. Elles peuvent signaler une tendance ou introduire une piste qui sera vérifiée sur sources de niveau 1 à 3.

Le cadre MICE

Pour l'analyse des motivations des acteurs, SIRA utilise le cadre MICE (Money · Ideology · Coercion/Compromise · Ego) comme grille de lecture systématique. Ce cadre, issu de l'analyse du renseignement, permet de décomposer les comportements des acteurs — États, groupes armés, puissances extérieures — sans réduire leurs actions à une cause unique.

L'entrée MICE du glossaire (lexique/mice) détaille l'application de ce cadre à l'analyse sahélienne.

Refus du cadre ethnique réducteur

Le Sahel est une région de multilinguisme, de mobilité pastorale pluriséculaire et d'identités composites. Réduire ses conflits à des affrontements ethniques est une erreur analytique grave, et souvent un choix politique.

SIRA refuse ce cadre pour des raisons méthodologiques précises :

Premièrement, les affiliations armées et les comportements de violence ne suivent pas les lignes ethniques de manière cohérente. Des Peuls combattent dans les rangs des FAMa, des Dogons ont négocié avec le JNIM, des Touaregs sont présents dans des mouvements politiquement opposés. Toute généralisation ethnique est empiriquement réfutable.

Deuxièmement, le cadre ethnique sert souvent des agendas extérieurs : il justifie l'intervention humanitaire, déresponsabilise les acteurs politiques et occulte les dynamiques économiques (contrôle des couloirs commerciaux, accès aux ressources, taxation des flux) qui structurent les conflits plus profondément que les identités.

Troisièmement, il est historiquement fabriqué. Les catégories ethniques rigides appliquées au Sahel doivent beaucoup à la codification coloniale, qui a fixé des identités fluides pour les administrer. Les utiliser sans précaution revient à reproduire un regard colonial sur des sociétés qui l'ont toujours débordé.

Cela ne signifie pas que l'ethnicité n'existe pas comme variable. Elle existe, et nous l'analysons — comme l'une des variables parmi d'autres, jamais comme explication première.

Politique vis-à-vis des chiffres

Les chiffres de victimes, de déplacés, d'incidents sécuritaires sont systématiquement sourcés et datés. Nous privilégions les fourchettes documentées aux chiffres ronds invérifiables. Quand deux sources institutionnelles divergent, nous mentionnons les deux et expliquons l'écart.

Pseudonymat des auteurs

Les auteurs de SIRA écrivent sous pseudonyme. Ce choix résulte d'une évaluation sérieuse du contexte : analyser les groupes armés, les politiques sécuritaires des États de l'AES et les dynamiques d'influence des puissances extérieures dans une région à risques impose des précautions élémentaires de sécurité opérationnelle.

Le pseudonymat ne signifie pas l'anonymat irresponsable. Chaque auteur est identifiable par la rédaction, engage sa réputation analytique sur chaque texte, et assume la responsabilité éditoriale de ses analyses. Les erreurs sont corrigées publiquement (voir notre politique de correction). La crédibilité de SIRA repose sur la cohérence et la rigueur de nos analyses dans le temps — pas sur des noms d'état civil.

Notre vocabulaire

Le choix des mots n'est jamais neutre, particulièrement sur des sujets qui touchent à la vie des populations sahéliennes. SIRA s'efforce d'utiliser un vocabulaire qui décrit avec précision sans recourir à des termes vécus comme méprisants ou disqualifiants par les premiers concernés.

Nous parlons d'autorités de transition ou de gouvernement de transition plutôt que de « junte », même si le terme académique a sa pertinence technique. Nous parlons de combattants ou d'insurgés plutôt que de « rebelles » quand le contexte le permet. Nous parlons de personnel paramilitaire russe plutôt que de « mercenaires ».

Ce choix n'efface ni la nature politique des transitions militaires, ni la violence des conflits, ni les responsabilités des acteurs armés. Il signale en revanche que SIRA écrit depuis le Sahel, en gardant en tête que les populations de la région font partie du récit qui les concerne — et non simplement de figurants dans le narratif d'autrui.

Mise à jour des contenus

Les articles de fond sont révisés lorsque des faits nouveaux l'exigent. La date de dernière mise à jour est affichée sur chaque page. Un article non mis à jour depuis plus de 18 mois porte une mention explicite signalant que certaines données peuvent être périmées.