Nos sources
Sur quoi nous nous appuyons, et avec quelles limites — sans langue de bois.
Cette page documente les principales sources utilisées par SIRA, avec une évaluation honnête de leurs forces et de leurs limites. Connaître ses sources, c'est connaître les bords de sa connaissance.
Sources de données sécuritaires
ACLED — Armed Conflict Location & Event Data Project
URL : acleddata.com
ACLED est la base de données de référence mondiale pour les événements de violence politique géolocalisés. Pour le Sahel, elle couvre les incidents armés, les manifestations, les violences contre les civils et les mouvements de forces depuis 2016 avec une couverture dense.
Forces : granularité géographique (niveau village), mise à jour hebdomadaire, données téléchargeables librement, documentation méthodologique transparente, distinction des types d'acteurs.
Limites : dépend de la presse locale pour la collecte — les zones à faible couverture médiatique (régions enclavées du Nord Mali, zones d'opérations actives) sont sous-représentées. Les attributions d'attaques à des groupes spécifiques sont parfois provisoires. ACLED ne prétend pas à l'exhaustivité ; nous non plus quand nous citons ses données.
ONU — Panels d'experts et rapports spécialisés
URL : un.org / undocs.org
Les Panels d'experts du Conseil de sécurité sur le Mali produisent des rapports semestriels qui constituent la source primaire la plus détaillée disponible publiquement sur les réseaux d'approvisionnement des groupes armés, les violations de l'embargo sur les armes et les dynamiques politico-militaires.
Forces : accès terrain, confidentialité des sources protégée, couverture des réseaux financiers et logistiques, indépendance formelle du Conseil de sécurité.
Limites : cadre politique onusien (les conclusions peuvent être édulcorées par les négociations entre membres permanents), délais de publication (6 à 12 mois après les faits), accès terrain réduit depuis 2023 suite au retrait de la MINUSMA.
Sources humanitaires
OCHA — Bureau de la coordination des affaires humanitaires
URL : unocha.org / reliefweb.int
OCHA coordonne la réponse humanitaire et produit des sitreps, des snapshots et des analyses de besoins. Pour les données de déplacement, de malnutrition et d'accès humanitaire, c'est la source institutionnelle de référence.
Forces : données désagrégées par région, mises à jour régulières, couverture des zones de crise active.
Limites : l'accès humanitaire conditionne directement la qualité des données — les zones fermées aux ONG ne sont pas documentées. Les chiffres de déplacés sont des estimations, pas des recensements.
HCR — Haut-Commissariat aux réfugiés
URL : unhcr.org
Le HCR est la source de référence pour les données sur les réfugiés (déplacements transfrontaliers) et les personnes déplacées internes (PDI) dans la région sahélienne.
Forces : suivi longitudinal des flux, données par nationalité et statut juridique, présence terrain dans les camps.
Limites : couverture limitée aux populations enregistrées — les déplacements spontanés non enregistrés échappent aux statistiques. Les situations de déplacement rapide créent des décalages entre réalité et données publiées.
Sources officielles sahéliennes
ORTM — Office de Radiodiffusion Télévision du Mali
URL : ortm.ml
L'ORTM est le média public malien. Ses bilans hebdomadaires des opérations FAMa constituent une source primaire officielle pour les revendications opérationnelles de l'armée malienne.
Forces : source officielle directe de l'État malien, bilans réguliers, accès public.
Limites : média d'État — les bilans opérationnels sont présentés du point de vue gouvernemental, sans contre-vérification indépendante. Les pertes propres aux FAMa sont systématiquement minimisées ou absentes. Les attributions d'actes aux groupes armés ne sont pas toujours sourcées. SIRA utilise ces bilans comme données de positionnement officiel, jamais comme vérité factuelle indépendante.
Journaux Officiels des États de l'AES
- Mali : journauxofficiels.ml
- Burkina Faso : legiburkina.bf
- Niger : publication via présidence
Les journaux officiels sont la source primaire pour les textes législatifs, les ordonnances, les décrets et les nominations. Toute analyse de la gouvernance ou des réformes institutionnelles des États de l'AES part de ces documents.
Forces : source primaire inattaquable pour le droit positif et les décisions officielles.
Limites : mise en ligne irrégulière pour certains États, lacunes dans les archives numériques, certains textes circulent avant publication officielle.
Communiqués officiels des gouvernements et armées de l'AES
Sources : présidences, ministères de la défense, états-majors via canaux officiels Telegram, sites gouvernementaux, ORTM.
Forces : positions officielles en temps réel.
Limites : communication stratégique — à traiter comme donnée de positionnement, pas comme information vérifiée.
Sources d'analyse et de recherche
International Crisis Group (ICG)
URL : crisisgroup.org
ICG produit des rapports de terrain sur les conflits sahéliens, avec des entretiens de sources locales documentés.
Forces : accès terrain, profondeur analytique, réseau de sources locales.
Limites : organisation basée en Occident avec des financements qui orientent partiellement les angles de traitement. SIRA cite les données terrain d'ICG, pas nécessairement ses conclusions normatives.
SIPRI — Stockholm International Peace Research Institute
URL : sipri.org
Référence mondiale pour les données sur les flux d'armements, les dépenses militaires et les transferts d'armes.
Forces : données longitudinales, méthodologie documentée, indépendance institutionnelle.
Limites : délais de publication (données annuelles), couverture partielle des transferts informels et des contrats opaques.
Think tanks régionaux
Nous citons ponctuellement des travaux de l'Institut d'Études de Sécurité, du Timbuktu Institute et de chercheurs académiques spécialisés lorsque leurs données terrain complètent les sources institutionnelles.
Ce que nous ne faisons pas
- Nous ne citons pas de sources anonymes sans signaler explicitement l'impossibilité de vérification.
- Nous ne reproduisons pas des chiffres viraux non sourcés.
- Nous ne traitons pas les réseaux sociaux comme des sources — seulement comme des signaux à vérifier.
- Nous ne citons pas de rapports dont nous n'avons pas accès au document primaire (pas de citation de citation).